• Marcher pieds nus commence chez BÄR.

  • Pionniers de la liberté

  • D’origine depuis 1982.

  • Service et aide

Marcher pieds nus commence chez BÄR.

Pionniers de la liberté

D’origine depuis 1982.

La haute montagne

Das Hochgebirge
Georg Friedrich Wilhelm Hegel n’aimait pas la haute montagne : « La vue de ces masses éternellement mortes ne m’inspirait rien d’autre que l’idée monotone et, à la longue, ennuyeuse : c’est ainsi », nota le philosophe lors d’une traversée des Alpes. Lui, qui habitait en plaine, « aspire toujours à l’élargissement, à l’étendue, et son regard bute toujours sur des rochers ». Pauvre homme : pas de perspectives, seulement ces rochers, encore et toujours.
Tout randonneur sait qu’il existe effectivement de grandes différences entre la randonnée alpine et celle en moyenne montagne. En haute montagne, quand le chemin monte, il monte généralement très, très longtemps. En moyenne montagne, je quitte par exemple la vallée du Rhin, je grimpe — quand tout va bien — 200 mètres de dénivelé et je profite de la vue. En haute montagne, je monte 1 000 mètres de dénivelé, par des rampes raides et des sentiers rocailleux. Et si j’ai de la chance, je suis alors déjà au sommet. Si je n’en ai pas, je n’ai atteint qu’un alpage, et il faut encore monter jusqu’au sommet.
On remarque aussi que l’on est en haute montagne lorsqu’au printemps, en avril ou en mai, on planifie une sympathique randonnée. Mais on comprend vite que, premièrement, on a mis les mauvais vêtements, que, deuxièmement, la température baisse de deux degrés à chaque pas — du moins en a-t-on l’impression — et que, troisièmement, on n’aurait pas dû partir sans raquettes, car on s’enfonce d’un demi-mètre dans la neige à chaque pas.

La haute montagne

Mais même en plein été, la haute montagne réserve des pièges aux randonneurs. De nombreux sentiers alpins exigent en effet non seulement d’avoir le pied sûr, mais aussi de se concentrer fortement sur chaque pas. Autrement dit, le regard reste fixé au sol, et non sur le paysage. C’est bien dommage, car on m’a dit que les panoramas de haute montagne étaient magnifiques. Honnêtement, un panorama de montagne est évidemment fantastique. Je ne comprends donc pas la boutade de Marcel Reich-Ranicki, qui déclara à propos des vues alpines : « Qu’est-ce que c’est que cette belle vue ? Il y a des montagnes partout devant. »

La haute montagne

Si je devais tenter d’établir une typologie du randonneur de haute montagne, je dirais qu’il appartient plutôt au type du loup solitaire. La montagne et moi, un combat éternel : qui est le plus fort ? Encore trois quarts d’heure jusqu’au sommet ? L’ambition est éveillée : j’y arriverai en une demi-heure. Je me demande : est-ce vraiment nécessaire ?

La haute montagne

Eh bien, vous l’avez compris : tout bien considéré, la randonnée en haute montagne n’est pas vraiment mon truc. Le psychologue de la randonnée dit que je suis probablement resté bloqué dans une phase précivilisationnelle : la peur des montagnes élevées et escarpées me domine. La montagne comme ennemie. Au cours des siècles passés, les cochers de diligences tiraient les rideaux lors de la traversée des Alpes afin que les voyageurs ne soient pas bouleversés par la vue de ces montagnes terrifiantes. Ce n’est pas mon cas. J’aime assez regarder les montagnes. Toutefois, à mon avis, elles ne sont pas forcément adaptées à la randonnée.

Ceci est un article sponsorisé.